UA-84282664-1
Le Blog du Bac Français
dimanche 22 juillet 2018

Dette financière et dette morale

C’est ce thème dont Maupassant s’empare avec un art consommé du récit dans la petite nouvelle de 1884 qui s’intitule La Parure.

Pour rembourser une dette d’argent, Mathilde Loisel accepte de se sacrifier et de mener une vie misérable. Ses rêves de jeune fille étaient pourtant grands comme le monde. Mais elle est honnête : Ce qu’elle doit, elle le doit, et elle va mettre un point d’honneur à tout rembourser, jusqu’au dernier sou. Pour se conformer à cet impératif moral, elle va accepter de s’humilier jusqu’au dernier degré et de quotidiennement subir les insultes des gens les plus méprisables.

Héroïsme ?

Il y a cependant le fameux « elle ne le savait pas… »

Cette dette sur l’autel duquel elle a accepté de sacrifier tout ce qui lui était le plus cher est-elle bien réelle ? Pauvre Mathilde…

 

L’Albatros

Tout le monde connait ou a entendu parler de ce poème des Fleurs du Mal. Cela vient sûrement de sa lisibilité et de la facilité avec laquelle on peut le comprendre. Sa signification est en effet assez transparente et n’offre pas au lecteur de défi interprétatif trop compliqué à relever : Le poète, comme l’albatros, est un être qui plane lorsqu’il est dans les airs, mais qui souffre au niveau du sol.

Cependant, si ce poème est aussi célèbre et s’il continue d’exercer sa magie bien qu’il n’y ait « rien à comprendre », c’est que Baudelaire y a mis tout son art et a réussi plus que jamais à élever cette figure de la royauté déchue au rang de symbole.

 

 

Si vous ne vous êtes pas déjà procuré l’ouvrage en oeuvre intégrale : Les Fleurs du Mal

Gaspard de la nuit

Sous cet étrange titre se cache une oeuvre poétique non moins étrange. Passée inaperçue lors de sa publication, elle fut vantée par Baudelaire et plus tard par les surréaliste qui voyaient en Aloysius Bertrand un « surréaliste du passé ».

15 minutes pour découvrir cette oeuvre qui passe pour le premier recueil de poèmes en prose.

 

La servitude volontaire

Un jeune homme de 18 ans, avec toute la morgue de son âge, écrit un pamphlet violemment polémique qui restera connu sous le nom de Discours de la servitude volontaire. Ce jeune homme, c’est Etienne de la Boétie, humaniste et grand ami de Montaigne, à qui il doit d’avoir fait connaître son oeuvre, après sa mort prématurée.

La Boétie et son Discours font date dans la littérature. L’auteur est en effet considéré comme un des premiers théoriciens de l’aliénation, et comme le père et l’inspirateur de tous les mouvements de désobéissance civile qui ont émergé dans l’histoire de l’occident.

Dès 1549, il avait tout dit. Jugez plutôt :

 

C’est complètement absurde !

L’absurde est une notion qui court tout au long du XX ème siècle dans une littérature européenne et française qui est un peu désorientée quant au sens à donner à la vie et à l’existence. Des auteurs aussi célèbres et divers que Camus, Beckett, Sartre ou Ionesco s’y sont essayés et ont illustré, chacun à sa façon que l’Homme était pris au piège, entre le sens et le non-sens.

C’est donc dans cet « entre-deux » que se situe le personnage principal du Roi dans Le Roi se meurt, d’Eugène Ionesco.

Le sujet est certes tragique, puisqu’il s’agit de la mort, dans ce qu’elle a d’inéluctable, mais le traitement est quelque part entre la tragédie et la comédie, entre la farce et le drame. L’ensemble compose un spectacle paradoxal puisqu’il ouvre sur le néant et sur le vide.

Cela ne veut pas rien dire. Ionesco est un maître de l’absurde. Regardez cette vidéo explicative pour en savoir plus :

 

%d blogueurs aiment cette page :