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Le Blog du Bac Français
dimanche 18 novembre 2018

Conte

Dans les Illuminations de Rimbaud, nombreux sont les poèmes qui portent en eux l’espoir d’une rencontre avec l’infini, l’espoir de voir se concrétiser les rêves du « voyant », l’espoir d’accéder à un niveau de réalité plus élevé, et d’amener « notre très pur amour », en lieu et place des « honnêtetés tyranniques » que nous ne connaissons que trop.

Nombreux aussi sont les poèmes qui, après avoir donné voix à ce fol espoir, constatent amèrement son absence d’accomplissement, et l’échec de la saisie de ce qui était visé.

Ainsi en va-t-il du poème dont nous donnons lecture dans cette vidéo :

« Conte », en situant les événements dans un Orient hérité des Mille et une nuits, permet à Rimbaud de mettre en scène un personnage qui le représente et dont il jauge les élans vers l’absolu. Fable de l’échec, « Conte » est un écrit qui préfigure l’abandon de l’écriture, cet étrange silence dont Rimbaud n’est jamais sorti.

 

Matinée d’ivresse

Une matinée d’ivresse !

Quelle belle idée ! Mais qu’est-ce donc qui va bien pouvoir nous rendre ivres à une heure si matinale ? Les restes des songes de la nuit que l’on mêlera aux lueurs venues de l’aube ? La pureté de la première lumière jetée sur le monde ? La fraîcheur de l’air et des dalles sous nos pieds ? Le silence et les mille bruits des choses endormies ? Le sentiment d’exister pleinement, et d’en déborder ?

Les poètes en général, et Rimbaud tout particulièrement sont des experts en ivresse. Ils savent transformer le banal, l’inaperçu, l’indifférent en une fête, donnée en la demeure des dieux.

Il est bien évident que tout ne sort pas complètement armé de leur imagination, et Rimbaud aura bien sûr trouvé le modèle de son poème dans les récits alors en vogue qu’étaient les Séances de Haschisch. Mais ce qui est frappant dans son cas est que le « poison » ne passera pas, et que nous ne serons pas « rendus à l’ancienne inharmonie ». Il y a dans l’ivresse une promesse quasi-religieuse en laquelle Rimbaud met toute sa foi.

Fumisterie toxicomane ou saisie véritable de l’Etre ? Doit-on suivre le guide, ou le laisser tituber puis tomber ?

René Char, autre poète, et grand admirateur du premier a sa réponse :

« Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi. »

Bon visionnage :

 

 

Pour ceux d’entre vous qui sont intéressés par le thème de l’ivresse en poésie, je vous renvoie à l’article rempli de conseils de lecture que j’avais écrit auparavant : L’ivresse en poésie.

 

J’ai embrassé l’aube d’été.

C’est par cette formule liminaire que Rimbaud inaugure ce poème fort connu des Illuminations, poème assez lisible et transparent comparativement à certains autres, nettement plus hermétiques.

Le poète retrace ici la progression du jour, concomitante de la mise en mouvement de la nature, soumise à la magie du promeneur-enfant.

 

Arthur Rimbaud, Les Illuminations

Bonjour à tous,

Voici la première d’une série de lectures analytiques que nous allons faire sur l’oeuvre de Rimbaud Illuminations (1875)

Le poème que j’analyse dans cette vidéo est intitulé « Vagabonds » et possède une importante tonalité autobiographique. Il fait en effet écho à la vie dissolue de Rimbaud et de Verlaine alors qu’ils étaient à Londres en 1873.

Au-delà de cet aspect, c’est une première façon de nous familiariser avec l’esthétique des Illuminations, oeuvre difficile, hermétique, mais très riche.

Bon visionnage.

 

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