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Le Blog du Bac Français
mercredi 21 novembre 2018

Orwell, 1984

Lorsqu’en 1948, George Orwell écrit 1984, il s’inspire directement de ce qu’il a pu voir à l’oeuvre, de fraîche date, dans les régimes totalitaires, tant de droite que de gauche. Russie soviétique, Allemagne nazie et Italie fasciste entrent à des titres divers comme matériau et source d’inspiration pour l’élaboration de cette fiction qui en tire la quintessence totalitaire. Il y a donc pour le lecteur contemporain d’Orwell une sorte d’intérêt à la lecture de ce roman, lié aux développements récents de la géopolitique et de l’Histoire. Le lecteur de l’après-guerre peut, à bon droit, aborder cette oeuvre sous l’angle du « cauchemar auquel nous avons échappé ».

Il en va légèrement différemment de nos jours, et les raisons que nous avons de lire aujourd’hui le roman ne sont plus tout à fait les même que celles qui ont valu par le passé. Acquérant une seconde jeunesse, le texte d’Orwell se rapproche de façon frappante de notre monde quotidien, à moins que ce ne soit lui qui en vienne à coller de manière de plus en plus évidente à cette dystopie paroxystique : Surveillance de la population, police du langage, police de la pensée, réécriture du passé, état de guerre permanent, adhésion aux dogmes et aux vérités officielles, j’en passe et des meilleures, des vertes et des pas mûres, 1984 possède de plus en plus, pour nous, l’aspect d’une réelle prophétie. C’est à tout le moins un miroir grossissant qui nous ouvre les yeux sur le monde tel qu’il va. Il faut lire 1984, et il faut le lire maintenant.

La vidéo

Pour lire le roman en traduction française : 1984

En langue originale : 1984

Il existe également un film de Michael Radford, adapté du roman, et qui s’intitule lui aussi 1984 John Hurt joue le rôle de Winston Smith. Le film est sorti en l’an 1984.

Madame Bovary, le bal de La Vaubyessard

Emma est cette héroïne romanesque, perdue dès son jeune âge par des lectures qui ont corrompu son jugement et ses désirs. Etrange époque, n’est-ce pas, celle où l’on interdisait à la jeunesse de lire, de peur que des idées non conventionnelles ne lui viennent à l’esprit. Il semble que le balancier aujourd’hui en soit venu à la position opposée, où l’on entend bien mieux le désespoir de parents qui n’arrivent pas à donner à leurs enfants le goût de la lecture. Encore faudrait-il qu’ils s’y prennent de la bonne manière…

Mais nous nous écartons du sujet et revenons à notre bal, où notre chère Emma, pour la première et la seule fois de sa vie, va avoir l’impression de vivre ses rêves, de tutoyer le bonheur et d’accéder à ce monde tant désiré des passions élevées qui sont dépeintes dans les romans qu’elle lit. Qu’elle en profite bien la pauvre ! car le narrateur, avec l’ironie permanente dont il fait preuve, ne manquera pas d’insister ensuite sur la platitude et le morne ennui du quotidien dans lequel notre héroïne est promise à retourner vivre.

 

 

Pour vous procurer le roman : Madame Bovary

Saviez-vous que Madame Bovary c’est aussi :

Un film de Claude Chabrol avec Isabelle Huppert

Un film, plus ancien et bien meilleur à mon sens de Vicente Minnelli

Et même une bande dessinée : Gemma Bovery

Madame Bovary

Lorsque Flaubert publie Madame Bovary en 1857, le roman fait scandale. Pour un lecteur contemporain, il est un peu difficile de se figurer la nature de ce scandale et de le comprendre. Rien, en effet, ne semble plus à nos yeux « offenser la morale publique » et encore moins « la morale religieuse », dans le roman de Flaubert. S’il y a bien une chose, en revanche, que le lecteur contemporain remarque à propos de Madame Bovary, c’est l’aridité du style, alliée à l’apparente vacuité du sujet.

Or, un examen attentif de ce sujet romanesque, la vie ordinaire et sans lustre d’une femme de province, ainsi qu’une remise en contexte du roman nous renseignent sur ce qui fait l’originalité profonde de l’écriture de Flaubert. Comprendre les intentions de l’auteur rend en effet la lecture de ce roman moins difficile et moins abstraite. Restituée dans ce qu’elle a de profondément originale, l’oeuvre nous apparaît du même coup beaucoup plus moderne et plus proche de notre époque.

 

 

Pour vous procurer le roman : Madame Bovary

Saviez-vous que Madame Bovary c’est aussi :

Un film de Claude Chabrol avec Isabelle Huppert

Un film, plus ancien et bien meilleur à mon sens de Vicente Minnelli

Et même une bande dessinée : Gemma Bovery

 

De l’esclavage des nègres

Le XVIII ème siècle est, comme chacun le sait, la période des « lumières » : Débarrassé d’un obscurantisme séculaire et abrutissant, l’homme moderne émerge dans la gloire de sa Raison, prêt à mener le légitime combat qui devra faire triompher la justice et l’égalité, enfin complètes, entre tous et toutes…

Si cela semble un peu caricatural, c’est bien parce que cela l’est ! Il pourrait être très intéressant de nous interroger sur la naïveté de ces représentations et c’est ce que nous ferons à n’en pas douter une autre fois. Je prends date…

Pour ce qui est de nos lumières, elles semblent toutes entières prises dans la foi en une eschatologie laïque. Avec l’état final de bonheur pour tous et de complétude universelle en ligne de mire, la réalité semble cependant quelque peu boucher la perspective : Comment, par exemple parler d’égalité à tout propos lorsque l’esclavage et les traites négrières battent leur plein, même si cela est un peu loin de nos regards ? Eh bien par exemple comme le fait Montesquieu, d’une façon qui ne va pas de soi…

 

C’est complètement absurde !

L’absurde est une notion qui court tout au long du XX ème siècle dans une littérature européenne et française qui est un peu désorientée quant au sens à donner à la vie et à l’existence. Des auteurs aussi célèbres et divers que Camus, Beckett, Sartre ou Ionesco s’y sont essayés et ont illustré, chacun à sa façon que l’Homme était pris au piège, entre le sens et le non-sens.

C’est donc dans cet « entre-deux » que se situe le personnage principal du Roi dans Le Roi se meurt, d’Eugène Ionesco.

Le sujet est certes tragique, puisqu’il s’agit de la mort, dans ce qu’elle a d’inéluctable, mais le traitement est quelque part entre la tragédie et la comédie, entre la farce et le drame. L’ensemble compose un spectacle paradoxal puisqu’il ouvre sur le néant et sur le vide.

Cela ne veut pas rien dire. Ionesco est un maître de l’absurde. Regardez cette vidéo explicative pour en savoir plus :

 

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