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Le Blog du Bac Français
samedi 26 mai 2018

Madame Bovary, le bal de La Vaubyessard

Emma est cette héroïne romanesque, perdue dès son jeune âge par des lectures qui ont corrompu son jugement et ses désirs. Etrange époque, n’est-ce pas, celle où l’on interdisait à la jeunesse de lire, de peur que des idées non conventionnelles ne lui viennent à l’esprit. Il semble que le balancier aujourd’hui en soit venu à la position opposée, où l’on entend bien mieux le désespoir de parents qui n’arrivent pas à donner à leurs enfants le goût de la lecture. Encore faudrait-il qu’ils s’y prennent de la bonne manière…

Mais nous nous écartons du sujet et revenons à notre bal, où notre chère Emma, pour la première et la seule fois de sa vie, va avoir l’impression de vivre ses rêves, de tutoyer le bonheur et d’accéder à ce monde tant désiré des passions élevées qui sont dépeintes dans les romans qu’elle lit. Qu’elle en profite bien la pauvre ! car le narrateur, avec l’ironie permanente dont il fait preuve, ne manquera pas d’insister ensuite sur la platitude et le morne ennui du quotidien dans lequel notre héroïne est promise à retourner vivre.

 

 

Pour vous procurer le roman : Madame Bovary

Saviez-vous que Madame Bovary c’est aussi :

Un film de Claude Chabrol avec Isabelle Huppert

Un film, plus ancien et bien meilleur à mon sens de Vicente Minnelli

Et même une bande dessinée : Gemma Bovery

Le savoir ou l’opinion ?

Quoi de plus généreux que le projet encyclopédique porté par les philosophes du XVIIIème siècle, Diderot et D’Alembert en tête ?

Rassembler un vaste savoir à propos de toutes les sciences, de tous les arts et de tous les métiers, et le rendre disponible et accessible au plus grand nombre, pour le bénéfice de la pure connaissance et de l’esprit de raison qui souffle sur l’Europe occidentale à ce moment de l’histoire ! Quoi de plus désintéressé qu’une semblable entreprise ? Quoi de plus noble et de plus élevé?

Sauf que… le projet annoncé et claironné n’est pas exactement celui qui est effectivement poursuivi.

Derrière ces connaissances objectives et neutres se cachent des opinions, celles des rédacteurs de l’Encyclopédie. Derrière la pure analyse conceptuelle, il y a le combat d’idées, le combat politique, le combat anti-religieux. Cette ambiguïté comme nous allons le voir, n’est nullement fortuite ou accidentelle, mais fait pleinement partie de la stratégie argumentative et est assumée comme telle bien qu’elle ne soit jamais explicitée par les « philosophes » eux-mêmes.

 

Le récit de Théramène

Bonjour à tous,

Phèdre, l’héroïne tragique de Racine est célèbre pour sa passion incestueuse envers Hippolyte, fils de Thésée son époux. Malgré la violence et l’érotisme débridé qui inondent littéralement toute la pièce, Racine réussit le tour de force de maintenir l’ensemble de l’action dans le cadre de la bienséance, conformément aux exigences du théâtre de l’époque.

Le « récit de Théramène », à la fin de la pièce, récit de la mort d’Hippolyte, à laquelle le spectateur n’aura pas assisté sur scène, est un bon exemple de la manière avec laquelle le dramaturge accompli qu’est Racine à ce moment parvient à tirer parti des contraintes imposées. Il peut être inconvenant de faire couler le sang sur scène pour le public raffiné de l’époque, eh bien qu’à cela ne tienne : il aura, ce public délicat, de la mort du héros un récit qui sera, du fait de la magie évocatoire du verbe, bien plus cruel à entendre et bien plus pathétique que le réalisme à quoi l’on craint de faire face.

Bon visionnage.

 

 

Matinée d’ivresse

Une matinée d’ivresse !

Quelle belle idée ! Mais qu’est-ce donc qui va bien pouvoir nous rendre ivres à une heure si matinale ? Les restes des songes de la nuit que l’on mêlera aux lueurs venues de l’aube ? La pureté de la première lumière jetée sur le monde ? La fraîcheur de l’air et des dalles sous nos pieds ? Le silence et les mille bruits des choses endormies ? Le sentiment d’exister pleinement, et d’en déborder ?

Les poètes en général, et Rimbaud tout particulièrement sont des experts en ivresse. Ils savent transformer le banal, l’inaperçu, l’indifférent en une fête, donnée en la demeure des dieux.

Il est bien évident que tout ne sort pas complètement armé de leur imagination, et Rimbaud aura bien sûr trouvé le modèle de son poème dans les récits alors en vogue qu’étaient les Séances de Haschisch. Mais ce qui est frappant dans son cas est que le « poison » ne passera pas, et que nous ne serons pas « rendus à l’ancienne inharmonie ». Il y a dans l’ivresse une promesse quasi-religieuse en laquelle Rimbaud met toute sa foi.

Fumisterie toxicomane ou saisie véritable de l’Etre ? Doit-on suivre le guide, ou le laisser tituber puis tomber ?

René Char, autre poète, et grand admirateur du premier a sa réponse :

« Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi. »

Bon visionnage :

 

 

Pour ceux d’entre vous qui sont intéressés par le thème de l’ivresse en poésie, je vous renvoie à l’article rempli de conseils de lecture que j’avais écrit auparavant : L’ivresse en poésie.

 

Méthodologie, le commentaire composé

Une approche pas à pas :

Pour faire suite à une première vidéo qui vous expliquait en détail les principes de méthode pour le commentaire composé, et que vous pouvez visualiser ici :

Voir cette vidéo

Je vous propose aujourd’hui un guide, qui va vous accompagner pas à pas, un « vade mecum » comme on dit en latin, dont la fonction est de vous expliquer de manière concrète, ce que vous devez faire et comment le faire, à partir du moment où vous recevez le texte à commenter sur votre table.

La première des choses, c’est bien sûr de lire le texte…

Bon visionnage :

 

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