UA-84282664-1
Le Blog du Bac Français
samedi 21 juillet 2018

Correspondances

Chez Baudelaire « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». S’ils se répondent, c’est qu’ils s’appellent, se hèlent, qu’ils s’interpellent.

Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à se requérir par la parole et à demander qu’on y réponde, ou qu’on en réponde. L’homme par exemple parle tout autant qu’il est parlé par la Nature, regarde autant qu’il est regardé. Ce « passant » n’a alors qu’une seule chose importante à faire de son existence : s’ouvrir aux « choses infinies » qui le traversent et dont il n’est qu’une étincelle.

La poésie est une porte vers l’union mystique de l’homme et du monde. La magie de ce poème est de mettre l’extase infinie à portée de notre main.

 

« J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. »

Pour qui est un peu familier des Fleurs du Mal, ces mots rappellent immanquablement le sentiment d’angoisse et d’ennui profond que Baudelaire désigne par ce mot anglais de Spleen.

Le Spleen sonne aux oreilles françaises comme un mal étrange et fantastique, comme l’opiniâtre voyelle longue qui fraye son chemin jusqu’à l’intérieur de nos cerveaux pour y semer son oeuvre de destruction physique et métaphysique.

Il faudra quatre poèmes portant ce même titre dans les Fleurs du Mal pour essayer de donner une image de ce qui excède les possibilités de la représentation et de ce qui dépasse les capacités de la langue française. Voici l’une de ces tentatives :

 

L’Albatros

Tout le monde connait ou a entendu parler de ce poème des Fleurs du Mal. Cela vient sûrement de sa lisibilité et de la facilité avec laquelle on peut le comprendre. Sa signification est en effet assez transparente et n’offre pas au lecteur de défi interprétatif trop compliqué à relever : Le poète, comme l’albatros, est un être qui plane lorsqu’il est dans les airs, mais qui souffre au niveau du sol.

Cependant, si ce poème est aussi célèbre et s’il continue d’exercer sa magie bien qu’il n’y ait « rien à comprendre », c’est que Baudelaire y a mis tout son art et a réussi plus que jamais à élever cette figure de la royauté déchue au rang de symbole.

 

 

Si vous ne vous êtes pas déjà procuré l’ouvrage en oeuvre intégrale : Les Fleurs du Mal

Une Charogne

Quelques poèmes des Fleurs du Mal sont pour nous particulièrement emblématiques de ce qu’a cherché à y faire l’auteur. Ils nous semblent concentrer en eux tout le projet de Baudelaire, toute son esthétique, et en particulier cette tentative « d’extraire la beauté du mal ».

Ainsi en va-t-il de ce poème, « Une Charogne », qui propose à notre admiration et à notre méditation, un objet vraiment répugnant. La vie, la mort ; l’horreur et le sublime se mêlent et revêtent, grâce à l’art de Baudelaire, des couleurs inattendues…

 

%d blogueurs aiment cette page :