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Le Blog du Bac Français
mercredi 19 décembre 2018

C’est complètement absurde !

L’absurde est une notion qui court tout au long du XX ème siècle dans une littérature européenne et française qui est un peu désorientée quant au sens à donner à la vie et à l’existence. Des auteurs aussi célèbres et divers que Camus, Beckett, Sartre ou Ionesco s’y sont essayés et ont illustré, chacun à sa façon que l’Homme était pris au piège, entre le sens et le non-sens.

C’est donc dans cet « entre-deux » que se situe le personnage principal du Roi dans Le Roi se meurt, d’Eugène Ionesco.

Le sujet est certes tragique, puisqu’il s’agit de la mort, dans ce qu’elle a d’inéluctable, mais le traitement est quelque part entre la tragédie et la comédie, entre la farce et le drame. L’ensemble compose un spectacle paradoxal puisqu’il ouvre sur le néant et sur le vide.

Cela ne veut pas rien dire. Ionesco est un maître de l’absurde. Regardez cette vidéo explicative pour en savoir plus :

 

Exemple de commentaire composé rédigé, Phèdre

La scène de l’aveu de Phèdre (acte II, scène 5) est un des monologues les plus célèbres du théâtre classique.

Afin de fournir un modèle à ceux qui chercheraient un exemple de commentaire composé entièrement rédigé, je poste ici, en lien sous la traditionnelle vidéo, le commentaire de la célèbre tirade.

A utiliser avec discernement !

Bonne lecture.

 

Le récit de Théramène

Bonjour à tous,

Phèdre, l’héroïne tragique de Racine est célèbre pour sa passion incestueuse envers Hippolyte, fils de Thésée son époux. Malgré la violence et l’érotisme débridé qui inondent littéralement toute la pièce, Racine réussit le tour de force de maintenir l’ensemble de l’action dans le cadre de la bienséance, conformément aux exigences du théâtre de l’époque.

Le « récit de Théramène », à la fin de la pièce, récit de la mort d’Hippolyte, à laquelle le spectateur n’aura pas assisté sur scène, est un bon exemple de la manière avec laquelle le dramaturge accompli qu’est Racine à ce moment parvient à tirer parti des contraintes imposées. Il peut être inconvenant de faire couler le sang sur scène pour le public raffiné de l’époque, eh bien qu’à cela ne tienne : il aura, ce public délicat, de la mort du héros un récit qui sera, du fait de la magie évocatoire du verbe, bien plus cruel à entendre et bien plus pathétique que le réalisme à quoi l’on craint de faire face.

Bon visionnage.

 

 

Conte

Dans les Illuminations de Rimbaud, nombreux sont les poèmes qui portent en eux l’espoir d’une rencontre avec l’infini, l’espoir de voir se concrétiser les rêves du « voyant », l’espoir d’accéder à un niveau de réalité plus élevé, et d’amener « notre très pur amour », en lieu et place des « honnêtetés tyranniques » que nous ne connaissons que trop.

Nombreux aussi sont les poèmes qui, après avoir donné voix à ce fol espoir, constatent amèrement son absence d’accomplissement, et l’échec de la saisie de ce qui était visé.

Ainsi en va-t-il du poème dont nous donnons lecture dans cette vidéo :

« Conte », en situant les événements dans un Orient hérité des Mille et une nuits, permet à Rimbaud de mettre en scène un personnage qui le représente et dont il jauge les élans vers l’absolu. Fable de l’échec, « Conte » est un écrit qui préfigure l’abandon de l’écriture, cet étrange silence dont Rimbaud n’est jamais sorti.

 

Matinée d’ivresse

Une matinée d’ivresse !

Quelle belle idée ! Mais qu’est-ce donc qui va bien pouvoir nous rendre ivres à une heure si matinale ? Les restes des songes de la nuit que l’on mêlera aux lueurs venues de l’aube ? La pureté de la première lumière jetée sur le monde ? La fraîcheur de l’air et des dalles sous nos pieds ? Le silence et les mille bruits des choses endormies ? Le sentiment d’exister pleinement, et d’en déborder ?

Les poètes en général, et Rimbaud tout particulièrement sont des experts en ivresse. Ils savent transformer le banal, l’inaperçu, l’indifférent en une fête, donnée en la demeure des dieux.

Il est bien évident que tout ne sort pas complètement armé de leur imagination, et Rimbaud aura bien sûr trouvé le modèle de son poème dans les récits alors en vogue qu’étaient les Séances de Haschisch. Mais ce qui est frappant dans son cas est que le « poison » ne passera pas, et que nous ne serons pas « rendus à l’ancienne inharmonie ». Il y a dans l’ivresse une promesse quasi-religieuse en laquelle Rimbaud met toute sa foi.

Fumisterie toxicomane ou saisie véritable de l’Etre ? Doit-on suivre le guide, ou le laisser tituber puis tomber ?

René Char, autre poète, et grand admirateur du premier a sa réponse :

« Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi. »

Bon visionnage :

 

 

Pour ceux d’entre vous qui sont intéressés par le thème de l’ivresse en poésie, je vous renvoie à l’article rempli de conseils de lecture que j’avais écrit auparavant : L’ivresse en poésie.

 

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