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Le Blog du Bac Français
jeudi 24 mai 2018

Algérie, 1942

L’Etranger de Camus ne cesse de provoquer des controverses et des discussions, des débats parfois passionnés et des opinions péremptoires, énoncées « à l’emporte-pièce ». C’est qu’il réunit en lui tous les ingrédients d’un cocktail explosif et hautement instable : Une apparente simplicité qui se change vite en une complexité inextricable.

En effet, des questions aussi simples que : qui parle ? à qui ? depuis où ? depuis quand ? pourquoi ? comment ? ne trouvent absolument aucune réponse satisfaisante. Un regard superficiel, porté par le narrateur sur ce qui se présente, et qui semble se borner à « dire ce qui est », devient rapidement l’instrument qui fait sentir l’insondable profondeur du monde, son opacité, l’impénétrabilité fondamentale du réel. Un personnage tout entier immergé dans le moment présent, comme un animal uniquement affecté de ses sensations, est bientôt soupçonné par le lecteur, devenu malgré lui un peu paranoïaque, de nous mentir de façon géniale et radicale sur tout depuis le commencement… quel commencement d’ailleurs, au passage !

Camus avait-il conscience de réussir pour son coup d’essai un coup de maître ? De piéger des générations de lecteurs, en quête d’une réponse à la question de l’existence, dans le labyrinthe tortueux d’un espoir toujours reporté, dans la fuite en avant d’une identification fiévreuse, dans la jouissance de faire criminelle son incurable culpabilité ?

Camus connaissait « L’Etranger » de Baudelaire, mais si Baudelaire avait connu L’Etranger de Camus, il aurait sans doute passé de longues veilles méditatives, perdu dans l’alchimie de l’art, à vouloir faire de l’or de cette boue.

 

 

Si vous voulez lire le roman de Camus en oeuvre intégrale : L’Etranger

Madame Bovary, le bal de La Vaubyessard

Emma est cette héroïne romanesque, perdue dès son jeune âge par des lectures qui ont corrompu son jugement et ses désirs. Etrange époque, n’est-ce pas, celle où l’on interdisait à la jeunesse de lire, de peur que des idées non conventionnelles ne lui viennent à l’esprit. Il semble que le balancier aujourd’hui en soit venu à la position opposée, où l’on entend bien mieux le désespoir de parents qui n’arrivent pas à donner à leurs enfants le goût de la lecture. Encore faudrait-il qu’ils s’y prennent de la bonne manière…

Mais nous nous écartons du sujet et revenons à notre bal, où notre chère Emma, pour la première et la seule fois de sa vie, va avoir l’impression de vivre ses rêves, de tutoyer le bonheur et d’accéder à ce monde tant désiré des passions élevées qui sont dépeintes dans les romans qu’elle lit. Qu’elle en profite bien la pauvre ! car le narrateur, avec l’ironie permanente dont il fait preuve, ne manquera pas d’insister ensuite sur la platitude et le morne ennui du quotidien dans lequel notre héroïne est promise à retourner vivre.

 

 

Pour vous procurer le roman : Madame Bovary

Saviez-vous que Madame Bovary c’est aussi :

Un film de Claude Chabrol avec Isabelle Huppert

Un film, plus ancien et bien meilleur à mon sens de Vicente Minnelli

Et même une bande dessinée : Gemma Bovery

L’épreuve orale

Voici un résumé de tout ce qu’il faut savoir sur l’épreuve orale : Ce qui est attendu, comment elle se déroule et dans quel esprit il faut la préparer.

J’espère que cette petite clarification vous sera utile et n’hésitez pas à m’envoyer vos questions ou vos commentaires.

Bon visionnage !

 

Les Candidats libres

Bonjour,

Pour ceux d’entre vous qui se sont inscrits en candidat libre et qui tentent l’aventure de préparer tout seul les épreuves, j’ai fait cette petite vidéo.

Bon visionnage.

 

Je suis comme le roi d’un pays pluvieux

Ainsi commence ce poème, l’un des quatre « Spleen » de la section « Spleen et Idéal » des Fleurs du Mal de Baudelaire.

S’il peut paraître enviable au commun des mortels « d’être le roi », la peinture que nous fait Baudelaire de ce royaume nous en fera rapidement passer l’envie. Le spleen est ce état de désespoir proche du néant, ouvert sur l’angoisse sans borne de l’infini.

Bonne lecture…

 

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