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Le Blog du Bac Français
lundi 19 octobre 2020

Hamlet, Shakespeare

Rarement une œuvre, dans l’histoire de la littérature mondiale, aura fait couler autant d’encre. Les études critiques, commentaires, allusions, citations, les reprises ou les adaptations d’Hamlet sont si nombreuses qu’on en perd le compte. Il semble que Shakespeare ait atteint avec cette pièce le coeur de quelque chose qui reste cependant étrangement mystérieux à tous ses commentateurs. Les interprétations les plus contradictoires -parfois les plus délirantes, ont été faites à son sujet, et continuent à être faites sans qu’aucune ne puisse s’imposer définitivement aux dépens des autres comme étant la plus légitime. Shakespeare lui-même n’a naturellement pas donné la clé de sa pièce, n’a rien laissé en évidence qui permettrait de trancher, hors le texte bien sûr…

Et ce texte est remarquablement ambigu et complexe, malgré une apparente lisibilité de l’intrigue. A chaque ligne, équivoques et signes viennent peupler le corps d’un dialogue qui semble transparent de prime abord, mais qui s’opacifie de plus en plus à mesure que l’on progresse et à mesure que le personnage d’Hamlet lui-même s’enfonce inexorablement dans les méandres de son âme malade et dans les inextricables contradictions auxquelles son inaction l’expose.

Je vous propose ici un parcours à travers cette œuvre énigmatique et géniale qui laissera sans doute plus de questions en suspens qu’elle n’apportera de réponses. J’espère en tous cas que cela permettra d’y jeter quelques lumières, ainsi que leurs ombres.

La vidéo : Partie 1, partie 2, partie 3.

Antigone

Il y a des gens qui ont des difficultés à vivre, mais qui cahin-caha, bon an-mal an, arrivent à s’en sortir plus ou moins, c’est-à-dire comme ils peuvent.

Il y en a d’autres, habités d’une étrange pulsion de mort, qui mettent leur énergie et tout leur talent à se détruire, avec la précision la plus farouche…

Antigone est le personnage du refus. Fille d’Oedipe, il y a peut-être dans son histoire personnelle de quoi alimenter un désespoir supérieur, qui la fait se détourner de cette triste comédie qu’est la vie humaine. Mythe grec, qui s’enracine probablement dans une antiquité encore plus reculée, avec des éléments égyptiens, l’histoire de la lignée maudite des labdacides, ce que l’on a appelé la Thébaïde, a trouvé sur la scène athénienne, avec Sophocle une de ses premières représentations.

Mais les mythes sont universels, et chaque époque peut en faire son miel. C’est ainsi qu’au XXème siècle, dans le contexte particulier de la seconde guerre mondiale, le dramaturge français Jean Anouilh réinterprète l’histoire d’Antigone en lui donnant des accents d’actualité.

C’est à un aperçu synthétique de cette œuvre, en 15 minutes, que je vous convie dans cette vidéo :

La vidéo

Pour vous procurer l’Antigone de Sophocle

Pour lire l’Antigone de Jean Anouilh

C’est complètement absurde !

L’absurde est une notion qui court tout au long du XX ème siècle dans une littérature européenne et française qui est un peu désorientée quant au sens à donner à la vie et à l’existence. Des auteurs aussi célèbres et divers que Camus, Beckett, Sartre ou Ionesco s’y sont essayés et ont illustré, chacun à sa façon que l’Homme était pris au piège, entre le sens et le non-sens.

C’est donc dans cet « entre-deux » que se situe le personnage principal du Roi dans Le Roi se meurt, d’Eugène Ionesco.

Le sujet est certes tragique, puisqu’il s’agit de la mort, dans ce qu’elle a d’inéluctable, mais le traitement est quelque part entre la tragédie et la comédie, entre la farce et le drame. L’ensemble compose un spectacle paradoxal puisqu’il ouvre sur le néant et sur le vide.

Cela ne veut pas rien dire. Ionesco est un maître de l’absurde. Regardez cette vidéo explicative pour en savoir plus :

 

Le récit de Théramène

Bonjour à tous,

Phèdre, l’héroïne tragique de Racine est célèbre pour sa passion incestueuse envers Hippolyte, fils de Thésée son époux. Malgré la violence et l’érotisme débridé qui inondent littéralement toute la pièce, Racine réussit le tour de force de maintenir l’ensemble de l’action dans le cadre de la bienséance, conformément aux exigences du théâtre de l’époque.

Le « récit de Théramène », à la fin de la pièce, récit de la mort d’Hippolyte, à laquelle le spectateur n’aura pas assisté sur scène, est un bon exemple de la manière avec laquelle le dramaturge accompli qu’est Racine à ce moment parvient à tirer parti des contraintes imposées. Il peut être inconvenant de faire couler le sang sur scène pour le public raffiné de l’époque, eh bien qu’à cela ne tienne : il aura, ce public délicat, de la mort du héros un récit qui sera, du fait de la magie évocatoire du verbe, bien plus cruel à entendre et bien plus pathétique que le réalisme à quoi l’on craint de faire face.

Bon visionnage.

 

 

Les règles du théâtre classique

Au XVII ème siècle, certains d’entre vous le savent, c’est le théâtre qui est le genre noble par excellence. Toute la meilleure société se presse alors pour découvrir les nouvelles pièces de Molière, de Racine et de Corneille entre autres, et ce public raffiné autant que connaisseur attend qu’on lui propose un spectacle de qualité, répondant à certains critères. Ces critères sont ce que l’on connait sous l’appellation de « règles du théâtre classique ».

Quelles sont ces règles, en quoi consistent-elles ? Mais aussi d’où viennent-elles, qui les a inventées, qui les a imposées ? Ce sont certaines des questions pour lesquelles je me propose de vous fournir un éclairage dans cette vidéo.

Bon visionnage.