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Le Blog du Bac Français
jeudi 6 août 2020

Le Héron/La Fille

Les Fables de La Fontaine sont bien connues pour être de petits apologues mettant en scène des animaux. « Le Corbeau et le Renard », « Le lièvre et la tortue », « La Cigale et la fourmi » sont quelques uns des innombrables exemples de cette veine animalière.

Mais les Fables ont une histoire, elles ont une genèse. Leur rédaction s’est étendue sur plusieurs années et cela a laissé l’opportunité à Jean de La Fontaine d’affiner son projet, d’aiguiser son écriture, d’approfondir son art. Entre 1668, date de publication du premier recueil, d’où sont issues nombre de ses fables les plus célèbres, et 1678 date de publication du second recueil, il s’est passé dix ans. Aux morales de bon sens et d’édification se substituent des réflexions plus philosophiques, les sources d’inspiration se diversifient, la forme se travaille, et les personnages deviennent volontiers plus ambigus.

« Le Héron/La Fille » offre un bon exemple de cette évolution. Fable double autour d’une morale unique, elle permet à La Fontaine une variation sur un thème commun, une modulation de ses effets accordée à l’objet différent qu’il se donne dans chacun des deux récits : un animal dans le cas du héron, un être humain dans celui de la fille. L’animal est propice à la caricature, quand l’être humain est davantage chargé pour nous de tout un monde d’identifications complexes.

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La laitière et le pot au lait

«…et au terme de toutes mes aventures, je me suis retrouvé Gros-Jean comme devant…»

La langue française d’aujourd’hui foisonne de ces expressions désuètes qui sont pour nous comme l’écho d’un autre temps, comme le reflet à la fois proche et lointain d’une époque où, pour parler la même langue, nous n’avions pas exactement les mêmes cadres de référence, la même façon de penser, la même culture.

Les Fables de La Fontaine, abondamment étudiées dans nos écoles, portent en elles cet état passé de la langue. Que l’auteur ait forgé lui-même ou contribué à populariser des expressions telles que  » vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, aide-toi, le ciel t’aidera, montrer patte blanche, ce n’est pas la mer à boire, tirer les marrons du feu  » et tant d’autres, il est en tous cas certain que nous lui devons ce contact établi, ou rétabli avec une société aujourd’hui révolue, étonnamment proche de nous dans certains de ses aspects, étrangement éloignée quant à d’autres.

La laitière, avec son pot au lait renversé est précisément celle qui se retrouvera Gros-Jean comme devant. Comme devant quoi ? Eh bien comme devant que son âme, emportée par une flatteuse erreur, ne lui fasse par trop battre la campagne et construire force châteaux en Espagne.

La Vidéo

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