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Le Blog du Bac Français
jeudi 4 juin 2020

Le Héron/La Fille

Les Fables de La Fontaine sont bien connues pour être de petits apologues mettant en scène des animaux. « Le Corbeau et le Renard », « Le lièvre et la tortue », « La Cigale et la fourmi » sont quelques uns des innombrables exemples de cette veine animalière.

Mais les Fables ont une histoire, elles ont une genèse. Leur rédaction s’est étendue sur plusieurs années et cela a laissé l’opportunité à Jean de La Fontaine d’affiner son projet, d’aiguiser son écriture, d’approfondir son art. Entre 1668, date de publication du premier recueil, d’où sont issues nombre de ses fables les plus célèbres, et 1678 date de publication du second recueil, il s’est passé dix ans. Aux morales de bon sens et d’édification se substituent des réflexions plus philosophiques, les sources d’inspiration se diversifient, la forme se travaille, et les personnages deviennent volontiers plus ambigus.

« Le Héron/La Fille » offre un bon exemple de cette évolution. Fable double autour d’une morale unique, elle permet à La Fontaine une variation sur un thème commun, une modulation de ses effets accordée à l’objet différent qu’il se donne dans chacun des deux récits : un animal dans le cas du héron, un être humain dans celui de la fille. L’animal est propice à la caricature, quand l’être humain est davantage chargé pour nous de tout un monde d’identifications complexes.

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La laitière et le pot au lait

«…et au terme de toutes mes aventures, je me suis retrouvé Gros-Jean comme devant…»

La langue française d’aujourd’hui foisonne de ces expressions désuètes qui sont pour nous comme l’écho d’un autre temps, comme le reflet à la fois proche et lointain d’une époque où, pour parler la même langue, nous n’avions pas exactement les mêmes cadres de référence, la même façon de penser, la même culture.

Les Fables de La Fontaine, abondamment étudiées dans nos écoles, portent en elles cet état passé de la langue. Que l’auteur ait forgé lui-même ou contribué à populariser des expressions telles que  » vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, aide-toi, le ciel t’aidera, montrer patte blanche, ce n’est pas la mer à boire, tirer les marrons du feu  » et tant d’autres, il est en tous cas certain que nous lui devons ce contact établi, ou rétabli avec une société aujourd’hui révolue, étonnamment proche de nous dans certains de ses aspects, étrangement éloignée quant à d’autres.

La laitière, avec son pot au lait renversé est précisément celle qui se retrouvera Gros-Jean comme devant. Comme devant quoi ? Eh bien comme devant que son âme, emportée par une flatteuse erreur, ne lui fasse par trop battre la campagne et construire force châteaux en Espagne.

La Vidéo

Si vous voulez vous procurer les Fables de La Fontaine en œuvre intégrale.

Orwell, 1984

Lorsqu’en 1948, George Orwell écrit 1984, il s’inspire directement de ce qu’il a pu voir à l’oeuvre, de fraîche date, dans les régimes totalitaires, tant de droite que de gauche. Russie soviétique, Allemagne nazie et Italie fasciste entrent à des titres divers comme matériau et source d’inspiration pour l’élaboration de cette fiction qui en tire la quintessence totalitaire. Il y a donc pour le lecteur contemporain d’Orwell une sorte d’intérêt à la lecture de ce roman, lié aux développements récents de la géopolitique et de l’Histoire. Le lecteur de l’après-guerre peut, à bon droit, aborder cette oeuvre sous l’angle du « cauchemar auquel nous avons échappé ».

Il en va légèrement différemment de nos jours, et les raisons que nous avons de lire aujourd’hui le roman ne sont plus tout à fait les même que celles qui ont valu par le passé. Acquérant une seconde jeunesse, le texte d’Orwell se rapproche de façon frappante de notre monde quotidien, à moins que ce ne soit lui qui en vienne à coller de manière de plus en plus évidente à cette dystopie paroxystique : Surveillance de la population, police du langage, police de la pensée, réécriture du passé, état de guerre permanent, adhésion aux dogmes et aux vérités officielles, j’en passe et des meilleures, des vertes et des pas mûres, 1984 possède de plus en plus, pour nous, l’aspect d’une réelle prophétie. C’est à tout le moins un miroir grossissant qui nous ouvre les yeux sur le monde tel qu’il va. Il faut lire 1984, et il faut le lire maintenant.

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Pour lire le roman en traduction française : 1984

En langue originale : 1984

Il existe également un film de Michael Radford, adapté du roman, et qui s’intitule lui aussi 1984 John Hurt joue le rôle de Winston Smith. Le film est sorti en l’an 1984.

Révisions vacances de Pâques

Les vacances de printemps sont les dernières avant le bac. Elles sont donc la dernière grande occasion pour vous, de consacrer beaucoup de temps à combler vos lacunes ou à continuer votre progression. Je vous donne dans cette vidéo des conseils sur ce que vous devriez faire en priorité pour mettre votre temps à profit.

Que ce soit pour préparer l’écrit ou pour préparer l’oral, il faut désormais viser l’efficacité et rentabiliser au maximum le temps restant.

La vidéo

Téléchargez le récapitulatif en PDF et/ou réécoutez la vidéo en MP3 : Le texte et l’audio

Algérie, 1942

L’Etranger de Camus ne cesse de provoquer des controverses et des discussions, des débats parfois passionnés et des opinions péremptoires, énoncées « à l’emporte-pièce ». C’est qu’il réunit en lui tous les ingrédients d’un cocktail explosif et hautement instable : Une apparente simplicité qui se change vite en une complexité inextricable.

En effet, des questions aussi simples que : qui parle ? à qui ? depuis où ? depuis quand ? pourquoi ? comment ? ne trouvent absolument aucune réponse satisfaisante. Un regard superficiel, porté par le narrateur sur ce qui se présente, et qui semble se borner à « dire ce qui est », devient rapidement l’instrument qui fait sentir l’insondable profondeur du monde, son opacité, l’impénétrabilité fondamentale du réel. Un personnage tout entier immergé dans le moment présent, comme un animal uniquement affecté de ses sensations, est bientôt soupçonné par le lecteur, devenu malgré lui un peu paranoïaque, de nous mentir de façon géniale et radicale sur tout depuis le commencement… quel commencement d’ailleurs, au passage !

Camus avait-il conscience de réussir pour son coup d’essai un coup de maître ? De piéger des générations de lecteurs, en quête d’une réponse à la question de l’existence, dans le labyrinthe tortueux d’un espoir toujours reporté, dans la fuite en avant d’une identification fiévreuse, dans la jouissance de faire criminelle son incurable culpabilité ?

Camus connaissait « L’Etranger » de Baudelaire, mais si Baudelaire avait connu L’Etranger de Camus, il aurait sans doute passé de longues veilles méditatives, perdu dans l’alchimie de l’art, à vouloir faire de l’or de cette boue.

 

 

Si vous voulez lire le roman de Camus en oeuvre intégrale : L’Etranger