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Le Blog du Bac Français
lundi 19 octobre 2020

Le Héron/La Fille

Les Fables de La Fontaine sont bien connues pour être de petits apologues mettant en scène des animaux. « Le Corbeau et le Renard », « Le lièvre et la tortue », « La Cigale et la fourmi » sont quelques uns des innombrables exemples de cette veine animalière.

Mais les Fables ont une histoire, elles ont une genèse. Leur rédaction s’est étendue sur plusieurs années et cela a laissé l’opportunité à Jean de La Fontaine d’affiner son projet, d’aiguiser son écriture, d’approfondir son art. Entre 1668, date de publication du premier recueil, d’où sont issues nombre de ses fables les plus célèbres, et 1678 date de publication du second recueil, il s’est passé dix ans. Aux morales de bon sens et d’édification se substituent des réflexions plus philosophiques, les sources d’inspiration se diversifient, la forme se travaille, et les personnages deviennent volontiers plus ambigus.

« Le Héron/La Fille » offre un bon exemple de cette évolution. Fable double autour d’une morale unique, elle permet à La Fontaine une variation sur un thème commun, une modulation de ses effets accordée à l’objet différent qu’il se donne dans chacun des deux récits : un animal dans le cas du héron, un être humain dans celui de la fille. L’animal est propice à la caricature, quand l’être humain est davantage chargé pour nous de tout un monde d’identifications complexes.

La Vidéo

La laitière et le pot au lait

«…et au terme de toutes mes aventures, je me suis retrouvé Gros-Jean comme devant…»

La langue française d’aujourd’hui foisonne de ces expressions désuètes qui sont pour nous comme l’écho d’un autre temps, comme le reflet à la fois proche et lointain d’une époque où, pour parler la même langue, nous n’avions pas exactement les mêmes cadres de référence, la même façon de penser, la même culture.

Les Fables de La Fontaine, abondamment étudiées dans nos écoles, portent en elles cet état passé de la langue. Que l’auteur ait forgé lui-même ou contribué à populariser des expressions telles que  » vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, aide-toi, le ciel t’aidera, montrer patte blanche, ce n’est pas la mer à boire, tirer les marrons du feu  » et tant d’autres, il est en tous cas certain que nous lui devons ce contact établi, ou rétabli avec une société aujourd’hui révolue, étonnamment proche de nous dans certains de ses aspects, étrangement éloignée quant à d’autres.

La laitière, avec son pot au lait renversé est précisément celle qui se retrouvera Gros-Jean comme devant. Comme devant quoi ? Eh bien comme devant que son âme, emportée par une flatteuse erreur, ne lui fasse par trop battre la campagne et construire force châteaux en Espagne.

La Vidéo

Si vous voulez vous procurer les Fables de La Fontaine en œuvre intégrale.

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne…

Victor Hugo a réussi dans ce petit poème de 12 vers ce qu’il a rarement pratiqué dans sa carrière : l’économie des moyens.

Ici, pas de grandes envolées, pas d’effusions sentimentales, pas de ces parallélismes et de ces grandes oppositions dont Hugo est friand et qu’il aime à conduire sur des dizaines, voire des centaines de vers.

Ici, seule la notation des menus faits d’un voyage qui s’annonce comme un rituel. Rien qu’un poème pour dire à sa fille : « Tiens-toi prête, je te rejoins. »

 

Pour télécharger le texte du poème, ainsi que le plan du commentaire : Textes et audio

Les Contemplations

Révisions vacances de Pâques

Les vacances de printemps sont les dernières avant le bac. Elles sont donc la dernière grande occasion pour vous, de consacrer beaucoup de temps à combler vos lacunes ou à continuer votre progression. Je vous donne dans cette vidéo des conseils sur ce que vous devriez faire en priorité pour mettre votre temps à profit.

Que ce soit pour préparer l’écrit ou pour préparer l’oral, il faut désormais viser l’efficacité et rentabiliser au maximum le temps restant.

La vidéo

Téléchargez le récapitulatif en PDF et/ou réécoutez la vidéo en MP3 : Le texte et l’audio

« … qu’ils m’accueillent avec des cris de haine. »

Sur cette phrase pleine de superbe et au demeurant bien énigmatique se clôt L’Etranger d’Albert Camus. Le personnage de Meursault traverse dans cet excipit un processus profond de transformation de sa personne. Lui qui était jusqu’alors incapable d’aucune spéculation intellectuelle, lui qui était depuis le début de son récit pris tout entier dans l’immédiateté du moment présent, le voilà qui se met à penser, à philosopher sur le sens de l’existence et le voilà qui se révolte, à sa propre surprise d’ailleurs : « Alors, je ne sais pas pourquoi, il y a quelque chose qui a crevé en moi. »

On a dit beaucoup de choses sur l’oeuvre de Camus en général, et sur cet excipit en particulier, que Meursault par exemple, y accédait enfin à la révolte, et par là à la pleine réalisation existentielle de sa vision absurde de l’existence… Ce verbiage philosophique qui affirme de façon péremptoire, et qui impose une interprétation finale est-il vraiment si éclairant que cela ? Ne cherche-t-il pas au contraire à masquer de concepts mal définis une incompréhension de fond et un mystère qui perdure ?

Le point de vue de Camus lui-même est beaucoup plus nuancé et beaucoup plus ambivalent. Il voit par exemple en Meursault « le seul Christ que nous méritions », nous donnant par là un sauveur dévalué à l’aune de notre bassesse. Car en effet, que penser d’un type qui a vécu sa vie en idiot, qui a tué sans raison, et qui est incapable d’une communication interpersonnelle normale ? Que penser d’un type qui juste avant sa mort est secoué d’une crise d’agressivité démoniaque et qui souhaite que la foule « l’accueille(nt) avec des cris de haine » le jour de son exécution ? Vous pouvez le considérer comme un exemple à suivre, si ça vous chante…

Cette culpabilité lancinante, envahissante, inconsciente, dont il n’a jamais su quoi faire si ce n’est commettre un meurtre gratuit pour pouvoir l’ancrer dans le réel, et qu’il revendique à la fin fièrement comme s’il s’agissait d’une victoire sur le monde, n’est-ce pas elle qui finalement le vainc et le terrasse, à son corps défendant, faisant de lui et bien malgré lui, dans un sens plus profond, un personnage à la fois vulgaire et tragique ?

 

 

Si vous voulez aller plus loin que cet extrait et lire l’oeuvre intégrale : L’Etranger.