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Le Blog du Bac Français
jeudi 20 septembre 2018

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne…

Victor Hugo a réussi dans ce petit poème de 12 vers ce qu’il a rarement pratiqué dans sa carrière : l’économie des moyens.

Ici, pas de grandes envolées, pas d’effusions sentimentales, pas de ces parallélismes et de ces grandes oppositions dont Hugo est friand et qu’il aime à conduire sur des dizaines, voire des centaines de vers.

Ici, seule la notation des menus faits d’un voyage qui s’annonce comme un rituel. Rien qu’un poème pour dire à sa fille : « Tiens-toi prête, je te rejoins. »

 

Pour télécharger le texte du poème, ainsi que le plan du commentaire : Textes et audio

Les Contemplations

Révisions vacances de Pâques

Les vacances de printemps sont les dernières avant le bac. Elles sont donc la dernière grande occasion pour vous, de consacrer beaucoup de temps à combler vos lacunes ou à continuer votre progression. Je vous donne dans cette vidéo des conseils sur ce que vous devriez faire en priorité pour mettre votre temps à profit.

Que ce soit pour préparer l’écrit ou pour préparer l’oral, il faut désormais viser l’efficacité et rentabiliser au maximum le temps restant.

La vidéo

Téléchargez le récapitulatif en PDF et/ou réécoutez la vidéo en MP3 : Le texte et l’audio

Algérie, 1942

L’Etranger de Camus ne cesse de provoquer des controverses et des discussions, des débats parfois passionnés et des opinions péremptoires, énoncées « à l’emporte-pièce ». C’est qu’il réunit en lui tous les ingrédients d’un cocktail explosif et hautement instable : Une apparente simplicité qui se change vite en une complexité inextricable.

En effet, des questions aussi simples que : qui parle ? à qui ? depuis où ? depuis quand ? pourquoi ? comment ? ne trouvent absolument aucune réponse satisfaisante. Un regard superficiel, porté par le narrateur sur ce qui se présente, et qui semble se borner à « dire ce qui est », devient rapidement l’instrument qui fait sentir l’insondable profondeur du monde, son opacité, l’impénétrabilité fondamentale du réel. Un personnage tout entier immergé dans le moment présent, comme un animal uniquement affecté de ses sensations, est bientôt soupçonné par le lecteur, devenu malgré lui un peu paranoïaque, de nous mentir de façon géniale et radicale sur tout depuis le commencement… quel commencement d’ailleurs, au passage !

Camus avait-il conscience de réussir pour son coup d’essai un coup de maître ? De piéger des générations de lecteurs, en quête d’une réponse à la question de l’existence, dans le labyrinthe tortueux d’un espoir toujours reporté, dans la fuite en avant d’une identification fiévreuse, dans la jouissance de faire criminelle son incurable culpabilité ?

Camus connaissait « L’Etranger » de Baudelaire, mais si Baudelaire avait connu L’Etranger de Camus, il aurait sans doute passé de longues veilles méditatives, perdu dans l’alchimie de l’art, à vouloir faire de l’or de cette boue.

 

 

Si vous voulez lire le roman de Camus en oeuvre intégrale : L’Etranger

« … qu’ils m’accueillent avec des cris de haine. »

Sur cette phrase pleine de superbe et au demeurant bien énigmatique se clôt L’Etranger d’Albert Camus. Le personnage de Meursault traverse dans cet excipit un processus profond de transformation de sa personne. Lui qui était jusqu’alors incapable d’aucune spéculation intellectuelle, lui qui était depuis le début de son récit pris tout entier dans l’immédiateté du moment présent, le voilà qui se met à penser, à philosopher sur le sens de l’existence et le voilà qui se révolte, à sa propre surprise d’ailleurs : « Alors, je ne sais pas pourquoi, il y a quelque chose qui a crevé en moi. »

On a dit beaucoup de choses sur l’oeuvre de Camus en général, et sur cet excipit en particulier, que Meursault par exemple, y accédait enfin à la révolte, et par là à la pleine réalisation existentielle de sa vision absurde de l’existence… Ce verbiage philosophique qui affirme de façon péremptoire, et qui impose une interprétation finale est-il vraiment si éclairant que cela ? Ne cherche-t-il pas au contraire à masquer de concepts mal définis une incompréhension de fond et un mystère qui perdure ?

Le point de vue de Camus lui-même est beaucoup plus nuancé et beaucoup plus ambivalent. Il voit par exemple en Meursault « le seul Christ que nous méritions », nous donnant par là un sauveur dévalué à l’aune de notre bassesse. Car en effet, que penser d’un type qui a vécu sa vie en idiot, qui a tué sans raison, et qui est incapable d’une communication interpersonnelle normale ? Que penser d’un type qui juste avant sa mort est secoué d’une crise d’agressivité démoniaque et qui souhaite que la foule « l’accueille(nt) avec des cris de haine » le jour de son exécution ? Vous pouvez le considérer comme un exemple à suivre, si ça vous chante…

Cette culpabilité lancinante, envahissante, inconsciente, dont il n’a jamais su quoi faire si ce n’est commettre un meurtre gratuit pour pouvoir l’ancrer dans le réel, et qu’il revendique à la fin fièrement comme s’il s’agissait d’une victoire sur le monde, n’est-ce pas elle qui finalement le vainc et le terrasse, à son corps défendant, faisant de lui et bien malgré lui, dans un sens plus profond, un personnage à la fois vulgaire et tragique ?

 

 

Si vous voulez aller plus loin que cet extrait et lire l’oeuvre intégrale : L’Etranger.

L’incipit de l’Etranger

« Aujourd’hui maman est morte »

C’est par cette entrée en matière devenue célèbre que Camus inaugure L’Etranger, roman de l’absurde. Une narration absolument simple, un personnage qui se borne à des réflexions factuelles, rien dans ce début de roman ne semble vouloir s’élever à des niveaux de complexité élevés.

Tout cependant est éminemment complexe. Le lecteur marche sur des oeufs à chaque instant et le doute nous vient bientôt : ce personnage si peu intelligent qu’il semble évoluer « au raz des paquerettes » n’est-il pas en réalité un maître-manipulateur ? A voir…

 

 

Si vous voulez aller plus loin que cet extrait et lire l’oeuvre intégrale, ici : L’Etranger.

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