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Le Blog du Bac Français
lundi 19 octobre 2020

Apollinaire « Zone »

En 1913, l’Europe est dans une position incontestablement dominante par rapport au reste du monde. Cette domination est militaire, économique, coloniale, culturelle, artistique, idéologique, politique… bref, elle est totale et multiforme, elle s’étend dans tous les domaines et elle est alors incontestée.

Les changements qui pourtant traversent les pays européens sont profonds et de nature à bouleverser les repères traditionnels, les fondements anthropologiques de toujours. Révolution industrielle, développement du capitalisme, mondialisation des échanges sont déjà, à cette époque des forces qui retravaillent les traditions et leur donnent une inflexion inédite. Les arts, sous la bannière de cette « modernité » brandie par les différentes avant-gardes connaissent une efflorescence remarquable et souvent surprenante. Même si une inquiétude diffuse est bien réelle et bien présente, personne ne semble prendre la mesure de l’immense catastrophe à venir.

Apollinaire est le témoin de ce monde. Témoin conscient, observateur attentif, poète enchanté et enchanteur, il traduit et il célèbre ce qu’il sent, ce qu’il voit et ce qu’il entend dans un langage nouveau, dans une poésie qui se veut le signe des temps, avec une confiance qui bientôt appartiendra aux choses du passé.

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Rimbaud, « Ma Bohème »

Arthur Rimbaud fait figure d’exception dans le paysage de la littérature, et plus généralement de l’art. La Légende qui accompagne sa personnalité hors-norme a fait de lui successivement un voyou, un vagabond, un maudit, un mystique, un voyant, un révolté, un génie…

Il est vrai que le personnage n’a cessé de susciter des interrogations, des études, des analyses, et qu’aujourd’hui encore subsistent bien des zones d’ombre quant à la destinée de ce poète adolescent. Il aura composé l’essentiel de son œuvre entre l’âge de 15 et 20 ans, après quoi il se tait, de manière définitive. Il y a un « mystère Rimbaud », en particulier dans ce silence qui succède à son œuvre.

« Ma Bohème » est chronologiquement l’un de ses premiers poèmes. En octobre 1870, il a tout juste 16 ans, mais déjà un style, et une maturité de l’écriture étonnante pour son jeune âge. Et tout est déjà là : son tempérament bouillonnant, son goût de la liberté et du vagabondage, ses visions, qu’il théorisera peu après dans ses « lettres du voyant ».

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